Accroître l’efficacité énergétique de la maison et délaisser l’emploi du chauffage électrique des locaux : Deux stratégies essentielles pour se procurer de manière durable et abordable de l’énergie au Nouveau-Brunswick Au cours du dernier siècle, le Nouveau-Brunswick s’est doté d’un réseau électrique solide et fiable. En 2006, les centrales hydroélectriques, nucléaire et thermiques du Nouveau-Brunswick peuvent produire 3 950 mégawatts (MW), ce qui permet amplement de subvenir aux besoins de consommation électrique de la province pendant l’été. Toutefois, un problème demeure : à savoir la période de pointe hivernale de demande d’électricité. Qu’est-ce que la « période de pointe hivernale »? À l’instar de la plupart des autres provinces canadiennes, la plus forte demande d’électricité au Nouveau-Brunswick se manifeste au cours des jours les plus froids de l’hiver. Cette période de forte demande est en grande partie sinon en totalité attribuable au chauffage électrique, principalement le chauffage des maisons. Plus de 60 % des maisons du Nouveau-Brunswick sont chauffées à l’électricité, soit le taux le plus élevé de toutes les provinces canadiennes, exception faite du Québec. Par ailleurs, plus de 85 % des maisons neuves sont chauffées à l’aide de plinthes électriques chauffantes, ce qui contribue davantage à la demande en période de pointe l’hiver. On estime que la période de pointe de demande d’électricité en hiver est 50 % plus élevée que la période de demande moyenne le reste de l’année, soit une augmentation de presque 1 400 MW, ou plus du double de la production hydroélectrique du barrage Mactaquac fonctionnant à pleine capacité. haut Pourquoi la période de pointe hivernale pose-t-elle un problème? La période de pointe hivernale de demande d’électricité est problématique pour les raisons suivantes : - C’est la source d’énergie la plus onéreuse à produire. Les centrales électriques à faible coût du N.-B. servent à produire de l’électricité pour les besoins de consommation électrique de toute l’année, comme l’éclairage, les chauffe-eau, les appareils électroménagers et l’activité industrielle. Toutefois, notre consommation en électricité pendant la saison froide nous oblige à mettre en production des centrales électriques à coût élevé qui fonctionnent au pétrole et au charbon. Le coût croissant des carburants rend cette production « supplémentaire » d’énergie beaucoup plus onéreuse. Puisque les centrales électriques du N.-B. appartiennent aux citoyens de la province, l’électricité produite en période de pointe entraîne des coûts pour l’ensemble de la population.
- Impact négatif plus grand sur l’environnement. Puisque l’électricité produite pendant la période de pointe hivernale provient du pétrole et du charbon, cela entraîne la production de grandes quantités de gaz à effet de serre, qui contribuent ainsi au changement climatique.
- Cela nous oblige à construire de nouvelles centrales à un coût élevé. Si la consommation d’électricité augmente au cours de l’hiver, cela nécessitera la construction de nouvelles centrales électriques. Une grande centrale électrique moderne peut coûter jusqu’à un milliard de dollars ou plus. Plus tôt nous en aurons besoin, plus grands seront les coûts d’immobilisations à engager qui devront être payés par une augmentation des tarifs d’électricité. Chaque année de report de la construction d’une nouvelle centrale permet d’économiser des millions de dollars en intérêt.
- C’est la source d’énergie la plus dispendieuse à acheter. Pendant la période de pointe hivernale, le N.-B. peut toujours acheter de l’énergie des provinces et des États limitrophes. Toutefois, puisque nous ne sommes pas les seuls à avoir ces besoins pendant l’hiver, il s’ensuit que cette source d’énergie est plutôt onéreuse.
En bref, la période de pointe hivernale au Nouveau- Brunswick entraîne des coûts pour tout le monde, et la réduction de la consommation entraînera des économies et une baisse des futures augmentations de tarifs d’électricité. haut Comment le Nouveau-Brunswick peut-il réduire sa demande en période de pointe hivernale? Une des meilleures façons de réduire notre consommation en période de pointe hivernale consiste à diminuer la demande de chauffage électrique des locaux. La consommation résidentielle d’électricité accapare plus du tiers de toute l’électricité consommée au N.-B. et une bonne partie de cette demande provient du chauffage résidentiel pendant l’hiver. Si toutes les habitations de la province étaient efficaces au plan énergétique (« éconergétiques ») ou avaient un chauffage autre qu’électrique, nous aurions une période de demande de pointe hivernale faible et gérable. Même si la conversion énergétique d'une habitation est possible, nos meilleures perspectives résident dans des mesures pour faire en sorte que les nouvelles maisons construites sont vraiment éconergétiques et que leur chauffage ne fait pas appel à l’électricité. haut Comment une maison éconergétique peut-elle aider à réduire la demande en période de pointe hivernale? Selon une étude réalisée en 20061, une maison neuve éconergétique (conforme à la norme ÉnerGuide 80 ou R-2000) consomme 40 % moins d’électricité que la maison neuve usuelle construite actuellement au Nouveau-Brunswick. La presque totalité de cette économie d’énergie provient de l’isolation et de l’étanchéisation de meilleure qualité. Si chaque nouvelle maison était construite en fonction des normes éconergétiques, cela contribuerait dans une très large mesure à diminuer notre future demande en période de pointe hivernale, en plus de produire des économies dont tous les Néo- Brunswickois bénéficieraient. haut Pourquoi le chauffage des locaux par une autre source d’énergie que l’électricité est-il préférable? Une maison chauffée par une autre source d’énergie que l’électricité n’entraîne aucune surcharge à la demande de pointe hivernale. Sa consommation d’énergie est relativement constante pendant l’année, pour ce qui est de l’éclairage, de la consommation des appareils électroménagers, ou de l’eau chaude, sans compter que ce besoin constant en énergie est moins coûteux à combler. Une maison neuve éconergétique non chauffée à l’électricité (conforme à la norme ÉnerGuide 80 ou R-2000) consomme environ 60 % de l’énergie consommée par une maison neuve usuelle chauffée à l’électricité actuellement construite au Nouveau-Brunswick. haut Les plinthes électriques sont particulièrement problématiques Même si elles sont le mode de chauffage de prédilection du propriétaire d’une maison neuve, les plinthes chauffantes électriques sont particulièrement problématiques. - Elles contribuent directement au problème de la demande en période de pointe hivernale.
- N’étant pas convertibles en autre méthode ou source d’énergie, elles peuvent ni plus ni moins confiner un propriétaire au mode de chauffage électrique pendant toute la durée de vie de la maison. Advenant une fluctuation importante des prix de l’énergie sur le marché, un propriétaire qui souhaiterait se départir des plinthes chauffantes électriques devrait installer un tout nouveau système de chauffage et ce, à un coût prohibitif.
Par ailleurs, les systèmes de chauffage central comme une chaudière et une thermopompe sont convertibles à une autre source d’énergie. haut Mais l’électricité n’est-elle pas un mode de chauffage propre, efficace et écologique? Dans les faits, l’électricité est un des moyens de chauffage le moins efficace et le moins écologique qui s’offrent au propriétaire. Compte tenu des pertes à la centrale électrique et dans les lignes de transport d’électricité, l’électricité destinée au chauffage des locaux n’est efficace qu’à 30 % lorsqu’elle arrive au compteur d’électricité résidentielle du client. Par comparaison, les systèmes de chauffage au gaz naturel, au pétrole et géothermique sont deux à trois fois plus efficaces. De plus, la production d’électricité est la source d’émission de gaz à effet de serre (GES) la plus importante au Nouveau- Brunswick. Plus de la moitié de notre électricité provient de centrales alimentées au pétrole et au charbon, lesquelles émettent chaque année plus de 8 millions de tonnes de GES. Dans l’ensemble, le chauffage résidentiel à l’électricité produit deux fois plus de GES que le chauffage d’une maison comparable au pétrole ou au gaz naturel. haut L’efficacité : la meilleure solution L’efficacité énergétique accrue est la meilleure solution pour l’environnement et elle nous garantit une source d’énergie future fiable et abordable. Il a été établi que l’efficacité à grande échelle est non seulement possible, mais qu’il s’agit par ailleurs d’un excellent investissement. Grâce à une efficacité énergétique accrue, l’État du Vermont prévoit diminuer de 10 % ses besoins totaux en électricité d’ici 2012, et les mesures d’économie d’énergie adoptés jusqu’ici ont permis le recouvrement intégral des coûts connexes grâce aux économies permanentes rendues possibles. Une étude du Nouveau-Brunswick indique qu’il serait possible de réduire de 37 % la consommation résidentielle d’électricité dans la province grâce à des mesures d’efficacité, soit des millions de dollars à économiser en termes d’électricité importée chaque année. En outre, une efficacité accrue se traduit par un approvisionnement plus sûr en combustibles, sans compter le développement économique connexe créé dans le secteur en expansion de l’efficacité énergétique. Au Nouveau-Brunswick, l’efficacité énergétique est la solution – et c’est une excellente décision d’affaires pour tous! 1Étude sur la consommation énergétique des maisons au N.-B., réalisée par J. Waugh pour Ressources naturelles Canada, 2006 haut
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